Sommaire
- Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?
- Vendre un bien F ou G : ce que dit la loi en 2026
- La décote réelle à la vente : les chiffres
- Vendre, rénover ou conserver : la grille d’arbitrage
- Le calcul qui change tout : rénover avant de vendre
- Bailleur : le calcul de rentabilité après travaux
- Financer la rénovation en 2026 : aides et montage
- Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
- Questions fréquentes
Un logement classé F ou G au DPE, c’est un actif qui perd de la valeur chaque année. Les chiffres 2026 sont sans appel : décote moyenne de 15 % à la vente, jusqu’à 33 % hors grandes métropoles, et des acheteurs qui négocient en connaissant parfaitement les règles. Pourtant, vendre dans l’urgence est rarement la bonne décision. Rénover, conserver ou céder : tout dépend de votre taux d’endettement, de votre fiscalité et du prix des travaux dans votre ville.
La réponse courte : oui, vous pouvez vendre une passoire thermique en 2026, aucune loi ne l’interdit. Mais la vraie question est de savoir si vous maximisez la valeur de votre patrimoine en la vendant telle quelle, en la rénovant, ou en la gardant louée. Ce guide vous donne les calculs complets pour trancher, avec les chiffres du marché et les règles fiscales qui changent la donne. Mis à jour en août 2026.
Points clés
- La vente reste légale, mais l’audit énergétique est obligatoire depuis avril 2023 pour les biens F ou G en monopropriété
- Décote moyenne de 15 % à la vente, 3 à 5 % à Paris, jusqu’à 33 % ailleurs selon La Vigie de GoFlint (T1 2026)
- Le nouveau DPE 2026 (coefficient électricité passé de 2,3 à 1,6) a reclassé environ 850 000 logements : certains F sont redevenus E, certains G sont redevenus F
- Rénover avant de vendre rapporte souvent plus que vendre en l’état, si le taux d’effort travaux ne dépasse pas 25 % de la valeur du bien
- Bailleur : les travaux passent en déficit foncier et peuvent effacer vos impôts sur plusieurs années
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Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?
Une passoire thermique est un logement classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). L’étiquette mesure la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre : en dessous de 331 kWh/m²/an pour le G, entre 231 et 330 pour le F. Concrètement, ce sont des biens mal isolés, souvent chauffés à l’électrique, qui coûtent cher à vivre et que les banques financent de moins en moins bien.
Le parc français compte environ 4,8 millions de passoires thermiques, selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique. Un chiffre en baisse, car la méthode de calcul a changé.
La nouveauté 2026 que la plupart des guides ratent. Depuis le 1er juillet 2025, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,6 dans le calcul du DPE. Résultat : environ 850 000 logements chauffés à l’électricité ont été reclassés à la hausse. Des biens étiquetés F sont redevenus E. Des G sont redevenus F. Si votre bien est chauffé à l’électricité, refaire un DPE avant toute négociation peut vous faire gagner plusieurs dizaines de milliers d’euros. C’est gratuit à connaître, et personne ne vous le proposera en agence.
Vendre un bien F ou G : ce que dit la loi en 2026
Aucune loi n’interdit la vente d’un logement classé F ou G. C’est la location qui est verrouillée, pas la cession. Trois obligations s’appliquent au vendeur :
- Un DPE valide de moins de 10 ans, réalisé selon la méthode 2021
- Un audit énergétique réglementaire pour les logements F ou G en monopropriété (maison individuelle ou immeuble entier), obligatoire depuis le 1er avril 2023
- La mention de la classe énergétique dans toutes les annonces, avec l’étiquette visible
La location, elle, suit son calendrier : les G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis janvier 2025, les F suivront en janvier 2028. Le détail de ce calendrier mérite son propre article, nous n’entrons pas dans les nuances ici. Retenez l’essentiel : un bien F ou G non rénové perd sa valeur locative, et c’est ce qui tire les prix vers le bas.
La décote réelle à la vente : les chiffres
La décote d’une passoire thermique varie énormément selon la ville. Voici les ordres de grandeur constatés en 2026 :
| Situation | Décote constatée | Source |
|---|---|---|
| Moyenne nationale | 15 % | IMOP, analyse 2026 |
| Paris (appartements) | 3 à 5 % | IMOP, analyse 2026 |
| Hors grandes métropoles | jusqu’à 33 % | La Vigie de GoFlint, T1 2026 |
| Tension immobilière forte | décote faible, négociation courte | recoupement des données de marché |
Deux enseignements. Dans les zones tendues, la décote reste modérée : la rareté du foncier prime sur l’étiquette. Ailleurs, l’écart se creuse, et les acheteurs professionnels qui rénovent savent exactement où se situe votre point de rupture.
Pensez aussi à l’acquéreur. Les banques intègrent le DPE dans leur étude : un bien F ou G passe souvent sous les fourches caudines du taux d’effort, avec des mensualités majorées ou un refus pur et simple. Votre bassin d’acheteurs se réduit aux investisseurs rénovateurs et aux cash buyers. Moins de demandeurs, plus de marge de négociation pour eux.
Vendre, rénover ou conserver : la grille d’arbitrage
Voici le raisonnement que devraient faire tous les propriétaires de biens F ou G. Il tient en trois questions :
1. Avez-vous besoin de liquidités rapidement ? Vendez en l’état. La décote est le prix de la vitesse. Pour un bien de 200 000 €, c’est 30 000 € de moins-value assumée, mais zéro travaux, zéro délai, zéro risque de dépassement.
2. Pouvez-vous financer les travaux sans casser votre épargne ? Rénovez puis vendez. C’est le scénario de la valeur ajoutée, détaillé plus bas. Il suppose un budget travaux maîtrisé et un artisan RGE disponible dans des délais raisonnables.
3. Le bien est-il loué ou louable après travaux ? Conservez. La rentabilité locative d’un bien passé de G à C dépasse souvent celle d’un placement financier, et le déficit foncier des premières années adoucit la facture fiscale.
| Scénario | Gain potentiel | Risque principal | Idéal si |
|---|---|---|---|
| Vendre en l’état | rapide, cash immédiat | décote 15 à 33 % | besoin de liquidités |
| Rénover puis vendre | plus-value nette 8 à 15 % | dépassement travaux | budget maîtrisé |
| Rénover puis louer | rendement 5 à 7 % net | vacance locative | fiscalité lourde |
La suite du guide détaille les deux derniers scénarios avec des chiffres concrets. C’est là que se joue la différence entre un patrimoine qui dort et un patrimoine qui travaille.
Le calcul qui change tout : rénover avant de vendre
Prenons une maison de 110 m² classée G, estimée 180 000 € en l’état dans une ville moyenne. Deux trajectoires possibles.
Trajectoire A : vente en l’état. Décote 20 % hors zone tendue. Prix de vente : 144 000 €. Frais d’agence et notaire déduits, il vous reste environ 136 000 €.
Trajectoire B : rénovation d’ampleur avant vente. Isolation des murs par l’extérieur, remplacement des menuiseries, pompe à chaleur air/eau, VMC. Coût réaliste : 45 000 €, dont environ 30 000 € après aides si vous êtes éligible. Le bien repasse en classe C. Prix de revente : 230 000 €, car les biens rénovés se vendent au prix du marché, sans décote.
Bilan : 230 000 € moins 30 000 € de travaux nets, moins 12 000 € de frais de vente. Il vous reste 188 000 €. Soit 52 000 € de plus que la trajectoire A, pour 6 à 9 mois de travaux.
La règle empirique des rénovateurs : le jeu en vaut la chandelle quand le coût des travaux reste sous 25 % de la valeur du bien en l’état. Au-delà, la plus-value potentielle se dilue, et le risque de dépassement devient dangereux. Calculez toujours avec un devis ferme, pas une estimation au m².
Bailleur : le calcul de rentabilité après travaux
Vous êtes propriétaire bailleur, et votre bien F ou G ne peut plus être reloué, ou seulement avec un loyer gelé ? La rénovation transforme votre équation complète. Exemple chiffré sur un appartement de 55 m² en ville moyenne :
- Achat initial : 120 000 €, loyer avant rénovation : 580 €/mois (gelé, classe G)
- Travaux d’isolation et de chauffage : 32 000 €, dont 12 000 € d’aides (MaPrimeRénov’ bailleur, CEE)
- Après rénovation : classe C, loyer de marché : 720 €/mois
Le loyer passe de 580 à 720 €, soit +24 %. Le rendement brut sur la valeur totale (120 000 + 20 000 € de travaux nets) passe de 5,8 % à 6,2 %. Modeste ? Pas si on ajoute la fiscalité.
Le déficit foncier change tout. Les 20 000 € restant à votre charge se déduisent de vos revenus fonciers, puis de votre revenu global, à hauteur de 10 700 € par an. Pour un contribuable à 30 %, c’est environ 6 000 € d’impôt économisé sur deux ans. Le coût réel des travaux tombe à 14 000 €, ce qui fait remonter le rendement net après impôt au-delà de 7 %. Le mécanisme complet est expliqué dans notre guide du déficit foncier.
Vérifiez aussi votre éligibilité au statut LMNP : en location nue, les revenus sont imposés au régime foncier, mais en location meublée, l’amortissement du bien et des travaux s’impute sur les loyers. Deux régimes, deux résultats fiscaux très différents. Faites le calcul avec votre conseiller avant de signer le moindre devis.
Financer la rénovation en 2026 : aides et montage
Le financement d’une rénovation de passoire thermique repose sur quatre briques, cumulables dans la limite des plafonds de ressources :
- MaPrimeRénov’ Parcours accompagné : jusqu’à 90 % du montant des travaux pour les ménages très modestes, avec bonus sortie de passoire pour les F et G. Obligation de passer par Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR)
- Les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) : primes versées par les fournisseurs d’énergie, cumulables sans condition de ressources, souvent 3 000 à 8 000 € sur un bouquet complet
- L’éco-PTZ : prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 €, prolongé jusqu’en 2027, remboursable sur 20 ans
- La TVA à 5,5 % sur les travaux d’amélioration de la qualité énergétique dans les logements de plus de deux ans
Pour un investisseur, attention au piège : MaPrimeRénov’ bailleur exige que le logement soit loué en résidence principale pendant une durée minimale après travaux. Si votre stratégie est la revente rapide, n’en tenez pas compte dans votre plan de financement, vous devriez rembourser les aides. Le montage se fait toujours en deux temps : devis fermes, puis dossier d’aides, jamais l’inverse.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
Trois angles absents des guides classiques, et qui valent de l’or en 2026.
1. Le DPE peut vous trahir, ou vous sauver. Le reclassement lié au nouveau coefficient électricité est massif, mais il ne s’applique qu’aux DPE réalisés avec la nouvelle méthode. Un DPE de 2023 sur votre bien chauffé à l’électricité est obsolète. Refaire le diagnostic avant de vendre, c’est potentiellement sortir de la catégorie passoire et effacer la décote. Coût : 150 à 250 €. Gain potentiel : des dizaines de milliers d’euros. Le meilleur ratio risque/rendement de tout le dossier.
2. La négociation d’acquéreur se joue sur le devis, pas sur l’étiquette. Les acheteurs sérieux vous présenteront un chiffrage de travaux pour justifier leur offre. Demandez systématiquement les trois devis. Un devis unique, gonflé, est l’arme de négociation la plus courante du marché. La contre-attaque : votre propre chiffrage par un artisan RGE, qui ramène la décote à sa juste mesure.
3. La règle des 25 %. Coût des travaux sous 25 % de la valeur en l’état : rénovez. Au-dessus : vendez ou tenez. Ce seuil, issu des données de revente des rénovateurs professionnels, évite les deux erreurs symétriques : vendre trop tôt un bien valorisable, et surinvestir un bien sans potentiel.
À retenir
Une passoire thermique n’est pas une impasse, c’est un actif avec une décote que vous pouvez effacer par le calcul.
- Vendre en l’état reste légal, avec audit énergétique obligatoire depuis avril 2023
- Décote moyenne de 15 %, jusqu’à 33 % hors zones tendues : la localisation commande la stratégie
- Refaire le DPE avant de vendre peut sortir votre bien de la catégorie passoire, grâce au nouveau coefficient 2026
- Rénover rapporte si les travaux restent sous 25 % de la valeur du bien
- Le déficit foncier finance jusqu’à 10 700 € de travaux par an en économie d’impôt
Questions fréquentes
Peut-on vendre une passoire thermique en 2026 ?
Oui, aucune loi n’interdit la vente d’un logement classé F ou G au DPE. Les interdictions concernent la location, pas la cession. Vous devez fournir un DPE valide et, pour les biens en monopropriété, un audit énergétique réglementaire depuis avril 2023. La décote moyenne est de 15 %, mais elle varie de 3 % à Paris à 33 % hors grandes métropoles.
Quelle décote pour un bien classé F ou G ?
La décote moyenne nationale est de 15 % selon IMOP. À Paris, elle tombe à 3-5 % sur les appartements, la rareté du foncier l’emportant sur l’étiquette. Hors grandes métropoles, l’écart atteint 33 % selon La Vigie de GoFlint au premier trimestre 2026. Les biens chauffés à l’électricité peuvent échapper à la décote en refaisant leur DPE avec la nouvelle méthode de calcul.
Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?
Non pour les nouveaux baux : depuis janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location, ni en nouveau bail ni en renouvellement. Les baux en cours restent valables jusqu’à leur échéance, avec un loyer gelé. Les logements F suivront en janvier 2028. La rénovation reste la seule voie pour remettre le bien sur le marché locatif.
Quelles aides pour rénover une passoire thermique en 2026 ?
MaPrimeRénov’ Parcours accompagné couvre jusqu’à 90 % des travaux pour les ménages très modestes, avec un bonus sortie de passoire. Les CEE versent 3 000 à 8 000 € sans condition de ressources. L’éco-PTZ finance jusqu’à 50 000 € à taux zéro jusqu’en 2027. La TVA réduite à 5,5 % s’applique aux travaux de rénovation énergétique. Les bailleurs doivent vérifier les conditions de location en résidence principale.
Le DPE va-t-il changer automatiquement en 2026 ?
Non. Le nouveau coefficient de conversion de l’électricité (passé de 2,3 à 1,6) ne s’applique qu’aux DPE établis avec la nouvelle méthode, depuis le 1er juillet 2025. Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité ont été reclassés à la hausse. Si votre DPE date d’avant, il faut le refaire pour bénéficier du reclassement. C’est la démarche la plus rentable du dossier.
Combien coûte la rénovation d’une passoire thermique ?
Comptez 35 000 à 55 000 € pour une rénovation d’ampleur complète (isolation, menuiseries, chauffage, ventilation) sur une maison de 100 m². Après MaPrimeRénov’ et CEE, le reste à charge tombe souvent à 50-60 % pour les ménages modestes. Pour un appartement de 50-60 m², prévoyez 25 000 à 35 000 € avant aides. Le retour se joue sur la revente ou le loyer, pas sur la facture d’énergie seule.
Conclusion
Vendre, rénover, conserver : il n’existe pas de bonne réponse universelle, seulement un calcul. La décote de 15 à 33 % n’est pas une fatalité, c’est un point de départ. Refaire le DPE, chiffrer les travaux avec trois devis fermes, vérifier votre éligibilité au déficit foncier : ces trois actions prennent une semaine et changent la conclusion.
Si votre bien est déjà loué et que vous hésitez sur la stratégie, commencez par le calcul de rendement : notre guide du rendement locatif brut et net vous donne la méthode exacte. Et si la vente s’impose, négociez avec vos propres chiffrages en main. Les acquéreurs professionnels le font déjà. À vous de jouer.



